Lycée Notre Dame

Lycée Polyvalent – Challans

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Simone Veil (2007)

Les lycéens font leur devoir de mémoire

Simone Veil était hier au Lycée Notre-Dame. Très attendue par les élèves, elle a raconté sa déportation à Auschwitzet affirmé haut et fort ses convictions européennes.

Les lycéens attendaientavec impatiencela visite de Simone Veil, prévue depuis décembre. Pour l’occasion, les élèves de première ont même pris un peu d’avance sur le programme d’histoire-géographie, pour mieux cerner son témoignage sur la déportation. Alors forcément quand elle est entrée dans l’amphithéâtre du lycée, les jeunes l’ont longuement applaudie, debout.

De la souffrance de la déportation à la construction européenne pour la paix de demain, tel était le thème de la conférence tenue par madame Veil hier après-midi. « Ce thème est tellement bien choisi par rapport à mes convictions et à mon parcours, que je n’ai pas pu résisterà votre invitation. » Pendant près de deux heures, Simone Veil a raconté son enfance, sa mère, « une femme bonne et généreuse, tout à fait inconsciente de ce qu’elle avait d’exceptionnel », le début de la guerre. Puis sa déportation en mars 1944 : « Nous sommes arrivés à Auschwitz, il y avait tout ce qu’il fallait pour être terrifiés. »

Européenne convaincue

Quelques mots sur la vie au camp, puis le retour en France : « Ce que nous avions vécu, personne ne voulait le savoir. Dans le monde libéré du nazisme qui s’en souciait ? ». La déportation est aussi le terreau des convictions auropéennes de Simone Veil : « Très vite, j’ai été convaincue que si on ne se réconciliait pas avec les Allemands, nous risquions de vivre des tragédies encore plus graves. Et c’est pour ça que j’ai milité pour l’Europe. »

Simone Veil évoque aussi l’antisémitisme en France : « Quand on m’en parle à l’étranger, je réponds que je suis beaucoup plus choquée par les discriminations dont peuvent être victimes les Magrhébins ou les Africains par rapport à l’emploi ou à le recherche d’un appartement par exemple. » Les élèves, eux, s’intéressent surtout à la déportation, pose des questions sur les conditions d’enfermement, le comportement des Allemands.

La témoignage de Simone Veil a permis aux élèves du lycée Notre-Dame de compléter le travail qu’ils avaient réalisé sur la dernière journée de liberté de 237 juifs de Loire-Atlantique, déportés pendant le seconde guerre mondiale. Et vous Madame Veil, que faisiez-vous, le jour où vous avez été arrêtée ? « Je passais mon bachot ».

Article Ouest-France – le 14 mars 2007

TRAVAILDESELEVESENLITTERATURE ETENARTSPLASTIQUES

Récits d’une dernière journée juste avant l’arrestation et réalisation de tryptiques et d’un livre d’artiste offert à Mme VEIL.