En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques anonymes.
En savoir plus sur la gestion des cookies

Claude Hagège

Claude Hagège (2013)

Par Communication Lycée, publié le mardi 4 juin 2013 15:15 - Mis à jour le jeudi 18 juin 2015 11:41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

" Comprendre l'autre à travers sa langue "

Le professeur du Collège de France, Claude Hagège, a fait salle pleine à deux reprises à Notre-Dame. Dans l'amphithéâtre du lycée privé, le linguiste agrégé s'est exprimé sans langue de bois.

" Comprendre l'autre à travers sa langue ", voilà une des fortes conclusions de Claude hagège, chercheur, linguiste, parlant plus de quinze langues différentes, dont certaines ont sa préférence comme le russe, le peul ou l'espagnol.

Mais pas l'anglais qu'il considère comme " l'esperanto de facto ", imposé par la puissance américaine. Conclusion tenue devant 280 élèves de terminale et de première littéraire, avant la conférence grand public qui a suivi.

Réaction de Meg, élève de première littéraire, à l'issue de deux intenses heures d'écoute et de débat : " il a utilisé un langage simple et compréhensible. Cela me permet d'avoir un panel d'idées sur le langage." " Cette conférence nous a permis d'avoir un orateur hors pair, un chercheur lucide par son parler original et ses exemples variés ", estiment, pour leur part, Pauline et Carole.

Hagège aura aussi fait face à un pilonnage de questions préparées par les élèves. " Le chercheur que je suis adore les langues et est curieux des différentes langues de tous les continents, devait-il notamment répondre. Ce mois-ci je vais à l'île Maurice et à Bakou. Dans la mesure du possible, je fais mes conférences dans la langue du pays, même si je ne passe qu'une journée. Il ne faut pas imposer une langue étrangère. A l'Ile Maurice, je m'exprimerai en créole mauricien, langue qui se rapproche du créole réunionnais. En Azerbaïdjan, pour ne froisser personne, j'utiliserai le russe."

Une langue peut-elle être créative ?

Cette pertinente question eut sa réponse. " Pour qu'elle soit créative, il faut qu'elle soit transmissible, comme le verlan ou l'argot. " Pour le verlan, par exemple, " mère " se transforme en " rem " et " flic " en " keuf ". Cette langue est basée sur le français.

Mais aussi, " la langue non comprise permet de s'amuser en communiquant entre initiés ". Sommes-nous sourds aux autres langues ? Non, en apprenant la langue du pays où on va, c'est même " une relation salubre avec l'humanité ". Sachant cependant que l'identité et la proximité de certaines langues n'empêchent pas les guerres. Comme le serbo-croate.

Les conseils ? Il faut lire, pour avoir un éventail suffisant de mots pour exprimer sa pensée. Un étudiant parle d'une fille superbe, et dit d'elle : " elle est très cool ". Hagège, au déboté, lui propose des mots plus élaborés, " délicieuse, ravissante, culbutable ". Rires.

Langue unique genre esperanto ? Il ne croit pas à celui créé au XIX ème siècle, qui n'a pas passé la Première Guerre Mondiale, car l'anglais est devenu omniprésent sur le plan économique, mais aussi culturel. De toute façon, " je reste un militant de la diversité des langues ".

 

Pièces jointes
Aucune pièce jointe